vendredi 1 avril 2011

les essais nucléaires français du Sahara, 45 ans plus tard

Quelques jours après le voyage de Nicolas Sarkozy en Algérie, l’ambassadeur de France a révélé que la France n’exclut pas une contribution matérielle pour le traitement des effets des essais nucléaires effectués durant l’époque coloniale.

Comme Benjamin Stora l’a fait remarquer dans un entretien publié le 2 février 2008 dans L’Expression, il s’agit là du troisième geste significatif, après la remise à l’Algérie de la carte des mines posées aux frontières tunisiennes et marocaines, et la restitution à l’Algérie d’archives audiovisuelles de l’INA de la période 1940 - 1962. « Il faut prendre acte de ces petits pas, poursuit l’historien, pour dire : pourquoi ne pas élargir la chose ? »

La France n’exclut pas l’option de l’indemnisation des victimes
par Rabah Beldjenna , El Watan, 25 décembre 2007


Bien qu’aucun bilan n’ait été établi, le nombre de victimes des essais nucléaires aériens ou souterrains effectués au Sahara augmente inexorablement, souvent dans l’anonymat.

La France n’exclut pas une contribution matérielle pour le traitement des effets des essais nucléaires effectués durant l’époque coloniale en Algérie. C’est ce que révèle Son Excellence, l’ambassadeur de France en Algérie, Bernard Bajolet, dans une déclaration, rapportée hier par notre confrère Echourouk, qui affirme l’envoi dans ce cadre d’une équipe d’experts sur les lieux des explosions pour enquêter sur les dégâts causés aux habitations. Le diplomate français a précisé que son gouvernement réagira en fonction des résultats des enquêtes. Il a cependant révélé que le président Sarkozy a demandé à son homologue algérien, lors de sa visite d’Etat qu’il a effectuée début décembre, de séparer le dossier des essais nucléaires de Reggane de la coopération dans le domaine du nucléaire civil.

Autre révélation de M. Bajolet, le président Sarkozy a proposé à M. Bouteflika, selon lui, « la prise en charge médicale des victimes des mines antipersonnel implantées en Algérie à l’époque coloniale ». Il reste que si la France a attendu 45 ans après pour révéler l’implantation des mines antipersonnel posées le long de nos frontières, aucune cartographie des sites des dépôts des déchets radioactifs n’a été fournie à l’Algérie à ce jour. Paris refusait toujours d’ouvrir ses archives militaires concernant ce contentieux, sous prétexte d’un prétendu « secret défense » ou en évoquant ses engagements vis-à-vis du TNP. Pourtant, ces essais nucléaires ont eu de graves conséquences sanitaires et écologiques dans le sud du pays, d’où cette exigence d’ouverture des archives de l’armée française en vue de connaître la vérité.

Les essais nucléaires aériens ou souterrains effectués au Sahara ont produit de grandes quantités de déchets, enfouis seulement à quelques centimètres de profondeur, et fait beaucoup de victimes. Leur nombre augmente inexorablement, souvent dans l’anonymat. A ce jour, aucune liste n’est établie. L’absence de dépistage et d’archives sanitaires occulte les innombrables maladies comme le cancer et les décès entraînés par les radiations. Les victimes ne sont pas seulement les habitants des zones où les expériences ont eu lieu, mais même ceux se trouvant loin de cette zone.

La France coloniale a effectué son premier essai en Algérie le 13 février 1960 à Reggane sous le code « La Gerboise bleue ». Selon des chercheurs algériens, 17 essais nucléaires au total ont été menés par la France au Sahara, dont 4 à Reggane, entre 1960 et le retrait définitif de l’armée française de cette région en 1967. On estimait à au moins 30 000 victimes algériennes de ces expériences. Le dossier des essais nucléaires français en Algérie a été ouvert en 1996. Mais depuis cette date, rien ou presque n’est fait pour se débarrasser de ce legs empoisonné. La France devait pourtant prendre sa responsabilité juridique. Outre l’aide technique qu’elle est en devoir de fournir en matière de décontamination, elle doit ouvrir ses archives, mettre des noms sur tous les lieux secrets où les bombes avaient explosé.
Rabah Beldjenna

Les essais atomiques français dans le Sahara ressortent par Jean-Dominique Merchet, Libération, 5 décembre 2007

Ces tirs réalisés entre 1960 et 1966 dans le cadre des accords d’Evian pourraient créer à leur tour des tensions.

Repentance, version nucléaire ? Les autorités algériennes sont tentées de faire des dix-sept essais nucléaires français dans le Sahara entre 1960 et 1966 un sujet de contentieux avec Paris. En février dernier, un colloque s’est ainsi tenu à Alger, « sous le haut patronage du président Bouteflika », pour demander « réparation à la partie française de toutes les séquelles causées par ses essais au Sahara algérien ». La rencontre était organisée par le ministère des Anciens combattants, dont le titulaire, Mohamed Chérif Abbas, vient de tenir des propos antisémites à l’encontre du président Sarkozy.

« Annexes secrètes ». Pour les autorités algériennes, l’affaire des essais français est cependant très délicate. D’un côté, il s’agit bien d’un héritage de la colonisation française, puisque les deux sites de Reggane et d’In Eker ont été construits avant l’indépendance du pays. Les six premiers tests - dont quatre dans l’atmosphère - ont eu lieu à l’époque de l’Algérie française. Mais lors des accords d’Evian mettant fin à la guerre d’Algérie, le 18 mars 1962, le FLN (Front de libération nationale) a accepté, dans le cadre d’« annexes secrètes », que la France puisse utiliser des sites sahariens pour des essais nucléaires, chimiques et balistiques pendant cinq années supplémentaires. Onze essais se sont ainsi déroulés après l’indépendance du 5 juillet 1962 et ce, jusqu’en février 1966. En 1967, « les sites ont été rendus aux autorités algériennes après démontage des installations techniques, nettoyage et obturation des galeries », assure le ministère de la Défense.

Libre accès. Nettoyage ? La visite, mi-novembre, d’un groupe de militants antinucléaires français montre que les sites sont en libre accès et restent truffés de débris métalliques. Pour Bruno Barrillot, responsable du Centre de recherche sur la paix et les conflits, « les installations n’ont pas été démantelées dans les règles. Mais les destructions et récupérations anarchiques ont apparemment aussi été le fait d’unités militaires algériennes ». Les populations locales ont aussi pillé les sites pour récupérer des métaux. A la mi-novembre, des travaux d’installations de clôtures étaient en cours, selon les recommandations de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) qui a inspecté les sites en 1999. L’agence avait conclu à la faiblesse des risques, sauf dans quatre zones, qui doivent être interdites d’accès.

Alors qu’en France les vétérans des essais commencent à faire valoir leurs droits devant les tribunaux , Bruno Barrillot souhaite la mise en place d’un suivi sanitaire des populations locales, comme en Polynésie. Après quarante ans de silence complice entre Paris et Alger.
Jean-Dominique Merchet


Les oubliés de Reggane
par A. A., El Watan, 13 février 2007


Au total, 17 expériences ont été effectuées par la France coloniale sur le sol du Sud algérien, dont quatre explosions de bombes atomiques à la surface du sol à Reggane. La plus puissante était celle de 117/127 KT en février 1965. Ainsi, dès 1984, sont apparus des cas de leucémie et de cancer dans la région.

Cependant, aucune statistique officielle n’existe pour évaluer le taux de radioactivité et des personnes contaminées. Dans la région de Reggane, les radiations sont toujours présentes et menaçantes. C’est au lendemain de la Seconde Guerre mondiale que la France a lancé son programme nucléaire avec le fervent désir de concevoir sa propre arme à destruction massive, et de là, obtenir le statut de puissance mondiale aux côtés des USA, de l’Angleterre et de l’ex-URSS. Alors, un commissariat à l’énergie atomique a été créé par le général de Gaulle, le 8 mai 1945, qui avait pour mission la conception de la bombe atomique. Selon la publication du centre national d’études et de recherches sur le mouvement national et la révolution du 1er novembre 1954, sur les essais nucléaires français en Algérie, la conception de la bombe atomique s’est effectuée en trois phases échelonnées sur quinze ans. La première étape, de 1945 à 1951, a été consacrée aux études scientifiques et techniques. La seconde, en 1952, a permis la mise sur pied d’un budget spécial pour le soutien logistique et le programme d’acquisition du plutonium. La dernière étape, à partir de 1955, a abouti à la construction de la bombe atomique en collaboration avec le ministère des Armées et le Commissariat à l’énergie atomique pour le lancement des travaux d’expérimentation, suite au refus des USA et de l’Angleterre de lui fournir les renseignements relatifs à la bombe. C’est le Sahara algérien, plus précisément Reggane (150 km au sud d’Adrar) qui a été choisi comme champ d’expérimentation. Cette décision a été prise en 1957 par de Gaulle. L’installation de la base des essais atomiques a été confiée à la 2e compagnie de l’armée française qui a dressé son PC à Hamoudia, une localité située à 65 km au sud de Reggane.

Séquelles indélébiles

Cette opération a mobilisé 6500 Français, entre chercheurs, savants, ingénieurs et soldats, ainsi que 3500 Algériens, de simples ouvriers, avec une majorité de détenus. La première, de 70 kilotonnes, le 13 février 1960, à Hamoudia, celle inférieure à 20 kilotonnes, le 1er et le 4 avril 1960, et une autre supérieure à 20 kilotonnes, le 25 avril 1961. Et puis 13 autres explosions, mais souterraines cette fois-ci, au Sud-Est algérien, à In Ikker (région de Tamanrasset), du 7 novembre 1961 au 16 février 1966. Ces expériences atomiques ont contaminé de vastes zones entre l’Algérie et le Tchad, selon certaines publications, et ont laissé des traces indélébiles sur la nature et les humains. Des mesures ont été prises par les services de l’environnement qui confirment cette présence, avec un pic au point zéro. Cependant, des relevés topographiques ont été effectués sur le terrain et une clôture de 12 kilomètres linéaires, avec des panneaux de signalisation, est prévue pour matérialiser cette zone dangereuse. Selon M. A. Ksasi, président de l’association 13 février 1960, agréée en 1997 à Reggane et qui compte près de 300 adhérents, les séquelles sont encore perceptibles sur certaines personnes qui apportent leur témoignage. Cette association souffre du manque de moyens pour pouvoir poursuivre ses recherches dans ce domaine.


”L’accident” d’In Ecker, le 1er mai 1962.

Le premier mai 1962 les Français ont effectué un essai nucléaire souterrain à In Ecker, au Sahara. Le tir fut effectué dans une galerie creusée dans un montagne, en forme de spirale, bouchée par du béton armé. Lors de l’explosion, le système d’obturation céda sous la pression. Il y eut rejet de matériaux radioactifs, gaz et des poussières radioactives, à l’extérieur. Les deux ministres présents furent irradiés : Pierre Messmer, ministre des Armées, et Gaston Palewski, ministre de la recherche, qui mourut d’une leucémie. Cette photo a été prise quelques instants après la mise à feu.

Essais nucléaires en Algérie, l'intégralité du rapport secret

Essais nucléaires en Algérie, l'intégralité du rapport secret

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Un Crime de Plus dans l’Histoire de la Colonisation Française










Camp Reggane, Gerboise Bleue, premier essai nucléaire français suivis de bien d’autres

Le 22 juillet 1958 la décision du général de Gaulle fixait la date de la première explosion expérimentale au 1er trimestre 1960. De leur côté, les armées avaient déjà créé en février 1956 le Groupe d’études des expérimentations spéciales sous la direction du Commandant des armes spéciales de l’armée de Terre et, en juillet 1957, elles décidaient d’implanter un champ de tirs nucléaires près de Reggane, oasis située à 150 km d’Adrar, dans le Sud algérien. Le programme a commencé par l’installation de la base-vie (photo 1) des militaires français à 12 km à l’est de Reggane. Une base qui a compté près de 3000 hommes. Et malgré le moratoire décidé en 1958 par les USA, l’ex-URSS et la Grande Bretagne interdisant les essais nucléaires atmosphériques, la France déclenche sa première série d’essais atmosphériques utilisant des bombes au plutonium et à l’uranium. Les tirs étaient effectués à partir d’une tour. Sous le nom de code Gerboise bleue, le 13 février 1960, à 7 h 04, à 40 km au sud de Reggane, avait lieu le premier tir nucléaire français, la bombe atomique française ou bombe A.

Hamoudia a été le point zéro de l’explosion. La bombe A avait atteint une puissance de feu nucléaire estimée à trois fois la puissance de la bombe larguée sur Hiroshima ! Et la France entrait dans le club des puissances nucléaires militaires, saluée par un « Hourra ! » du général de Gaulle et un titre à la une du journal Le Monde.

D’autres explosions aériennes ont suivi au même endroit, Gerboise blanche (1er avril 1960), Gerboises rouge (27 décembre 1960) et verte (25 avril 1961). Lors de ce dernier tir du 25 avril 1961 (gerboise verte) la bombe n’explosa pas conformément aux directives, « 195 soldats furent irradiés dont une dizaine mourront contaminés ». A partir du 7 novembre 1961 les autorités françaises décidèrent d’effectuer les prochains tirs atomiques dans des galeries souterraines creusées dans les montagnes du désert, au Hoggar, notamment à In Eker à 150km au nord de Tamanrasset, dans le Sud-Ouest Algérien.

L’objectif étant d’éviter toute contamination de l’environnement car toute « la poussière dégagée au cours de l’explosion ainsi que les gaz radioactifs étaient ainsi confinés dans le cône d’éboulis formé à l’intérieur de la chambre après l’explosion et devaient se fixer dans les roches, du moins en théorie ». Cependant le succès attendu fut un autre échec, lors du 2ème tir, le tir de Béryl (1er mai 1962) l’explosion souterraine (photo 2) provoqua l’écroulement de la montagne et libéra un nuage radioactif dans l’atmosphère. Le nuage radioactif de l’accident Béryl atteignit 2600m d’altitude et fut suivi sur une distance d’au moins 600 km. Parmi les victimes seulement 17 sont répertoriées et mortes de leucémie. Le tir suivant (Emeraude, 18 mars 1963) libère également de la radioactivité dans l’air.

De novembre 1961 à février 1966, treize tirs en galerie ont été effectués dont quatre n’ont pas été totalement contenus ou confinés. Les noms de code des tirs : Agathe, Béryl, Améthyste, Rubis, Emeraude etc. En 1966, après l’indépendance de l’Algérie, la France abandonna ses expériences au Sahara selon les accords d’Evian.

Les cobayes humains algériens, travailleurs algériens, appelés français

Cette opération étant un secret bien gardé, aucun avertissement n’a été donné à la population locale pour se prémunir des effets de la radioactivité.

Aucun scrupule n’a secoué les consciences des militaires malgré leurs connaissances des risques et traumatismes majeurs encourus par une population si proche de l’épicentre, ayant déjà une idée après les centaines de milliers de victimes à Hiroshima et Nagasaki. Au contraire, selon les nombreux témoignages, ces militaires ont poussé la barbarie à l’extrême en exposant 150 prisonniers algériens, résistants pour la plupart, ils étaient ligotés à des poteaux à environ 1 km de l’épicentre, l’objectif « scientifique » étant de voir les effets des radiations sur ces cobayes humains.

Le témoignage de M. Chennafi, « un sexagénaire, enlevé avec cinq de ses amis de Staouéli (ouest d’Alger) à Reggane où ils devaient travailler jour et nuit et préparer l’installation de la bombe nucléaire : « Après l’explosion de cette bombe, les victimes étaient parties en fumée. Même les ossements ont disparu ». Plusieurs militaires et médecins Français ont confirmé l’utilisation par l’armée française d’habitants de la région ou de Ghardaia afin de "tester l’effet des radiations" sur eux. Ces derniers ont été placés dans les lieues servant de théâtre des opérations sans protection aucune. Les survivants n’ont bénéficié d’aucun traitement contre les radiations nucléaires par la suite.

Les effets des essais nucléaires, atmosphériques à Reggane et souterrains à Tamanrasset, continuent à se faire ressentir avec des pathologies caractéristiques des radiations. Bien que les morts n’aient pas été recensés car considérés morts de mort naturelle à l’époque faute d’encadrement sanitaire, les maladies sont évidentes même chez les animaux.

Ainsi, comme démontré par de nombreuses études, les populations de Reggane et d’In Ekker à Tamanrasset souffrent encore des effets de ces essais qui ont coûté la vie à des milliers de personnes et engendré des maladies graves. A Reggane où les essais ont été atmosphériques et ont couvert une vaste zone non protégée, selon le Pr. Aboudi, les cancers notamment les leucémies dépassent de manière sensible la moyenne dans la région où l’on constate également des cas de malformations chez les nouveaux-nés et une baisse de fertilité des personnes. La cécité chez ce vieillard qui raconte comment la lumière de l’explosion a brûlé ses yeux.

Dans la région de In Eker, mieux protégés que Reggane car les tirs étaient souterrains malgré les échecs de certains, le Pr. Aboudi a constaté que 10 chameaux sur 60 présentaient des leucémies et des changements dans leur hématologie.

D’autres témoignages dont ceux de Mr Bendjebbar, parlent de la sécheresse qui a frappé la région de Reggane, la mort des animaux et la disparition de la végétation. Brebis et chamelles mettant bas des « monstres ».

Par ailleurs, des milliers de travailleurs algériens et un groupe d’appelés français ont été exposés sciemment aux explosions sans protection alors que des personnalités présentes ont bénéficié de combinaisons et de masque anti-gaz. Selon les données « 24 000 civils et militaires ont été utilisés dans ces explosions sans compter la population de la région ».

Ces « Irradiés de la République », Français victimes des essais nucléaires en Algérie et en Polynésie française, ont officiellement déposé plainte auprès de la justice française. Ceux qui ne sont pas morts souffrent de maladies nombreuses dont « des cancers du sang, de la thyroïde, de la bouche, des poumons, de la peau, des glaucomes, des problèmes cardiaques. Ils ont transmis sans le savoir des affections génétiques à leur descendance ».

Qu’en est-il des victimes algériennes qui continuent de souffrir et meurent en silence ?


Dégâts sur l’environnement


Les effets dévastateurs de ces essais consistent dans la radioactivité et la pollution qui a ravagé tout l’écosystème de la région et même des pays voisins. Il est reconnu que les essais atmosphériques en particulier se sont avérés très polluants en irradiant le sol algérien tout en causant un grave préjudice écologique dont témoignent encore les roches noires et les terres brûlées où aucune végétation ne pousse.

Ce qui est constaté dans la région de Tamanrasset à 150 km du site d’In Ekker c’est la disparition de l’eau potable qui pourrait avoir un lien avec le site atomique, les explosions causant des déplacements tectoniques, voire des séismes.

Dans les wilayas d’Adrar et de Tamanrasset les centaines de KT des bombes ont libéré des radiations qui ont couvert des superficies s’étendant sur des centaines de Km, 150 Km de long selon le rapport du CEA de 1960 et sur un rayon de 80 Km selon les chercheurs. Les bombes fabriquées avec du plutonium, connu pour être plus toxique que l’uranium, sont un véritable poison pour l’environnement et les humains. Le plutonium utilisé dans ces bombes demande 24 000 ans pour que diminue la moitié de ses effets toujours selon les chercheurs.

Quarante ans après la fin des essais, la persistance de la menace radioactive pèse toujours sur une large portion du territoire algérien surtout que la puissance des vents sahariens a du disperser les éléments radioactifs sur une très grande surface.

Ces essais ont ainsi provoqué des catastrophes environnementales et humanitaires que l’Etat Français n’a pas voulu reconnaître jusqu’à présent. Il persiste à nier les conséquences des radiations sur les victimes en particulier les populations locales.

Quand la France se décidera-t-elle à demander pardon pour tous les crimes commis au nom de la République sur tout un peuple dont même la descendance continue de subir les conséquences de cette colonisation où la barbarie des civilisateurs a atteint son paroxysme ?

Quand la France se décidera-t-elle à demander pardon au peuple algérien ? Quand la France aura-t-elle honte de son passé colonial en Algérie .

Essais nucléaires français en Algérie

'' Deux choses sont infinies : l’Univers et la bêtise humaine. Mais, en ce qui concerne l’Univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue."
Albert Einstein



Le 13 février 1960 en Algérie, à 7 h 04, à 40 km au sud de Reggane, avait lieu le premier tir nucléaire français, la bombe atomique française ou bombe A. Hamoudia a été le point zéro de l’explosion.

Cette bombe avait atteint une puissance de feu nucléaire estimée à trois fois la puissance de la bombe larguée sur Hiroshima ! La France entrait dans le club des puissances nucléaires militaires, saluée par un « Hourra ! » du général de Gaulle et un titre à la une du journal Le Monde. Malgré le moratoire décidé en 1958 par les USA, l’ex-URSS et la Grande-Bretagne interdisant les essais nucléaires atmosphériques, la France déclenche sa première série d’essais atmosphériques en Algérie, utilisant des bombes au plutonium et à l’uranium.

D’autres explosions aériennes ont suivi au même endroit, le 1er avril 1960, le 27 décembre 1960 et le 25 avril 1961. Lors de ce dernier tir, la bombe n’explosa pas conformément aux directives. 195 soldats furent irradiés dont une dizaine mourront contaminés. A partir du 7 novembre 1961, les autorités françaises décidèrent d’effectuer les futurs tirs atomiques dans des galeries souterraines creusées dans les montagnes du désert, au Hoggar, notamment à In Eker à 150 km au nord de Tamanrasset, dans le sud-ouest algérien.

L’objectif étant d’éviter toute contamination de l’environnement car toute « la poussière dégagée au cours de l’explosion ainsi que les gaz radioactifs étaient ainsi confinés dans le cône d’éboulis formé à l’intérieur de la chambre après l’explosion et devaient se fixer dans les roches, du moins en théorie ». Cependant, le succès attendu fut un autre échec, lors du second tir, le 1er mai 1962, l’explosion souterraine provoquant l’écroulement de la montagne libérant un nuage radioactif dans l’atmosphère. Celui-ci atteignit 2.600 m d’altitude et fut suivi sur une distance d’au moins 600 km. Parmi les victimes, 17 sont répertoriées et sont mortes de leucémie.

Le tir suivant, le 18 mars 1963, libère également de la radioactivité dans l’air. Ces opérations étant secrètes, aucun avertissement n’a été donné à la population locale pour se prémunir des effets de la radioactivité. Au contraire, selon des nombreux témoignages, ces militaires ont poussé la barbarie à l’extrême en exposant 150 prisonniers algériens, des résistants pour la plupart, à environ un km de l’épicentre. L’objectif « scientifique » étant de voir les effets des radiations sur ces cobayes humains. Les militaires français ont toujours nié ce fait.

DES ALGÉRIENS COMME COBAYES Les effets des essais nucléaires, atmosphériques à Reggane et souterrains à Tamanrasset, continuent à se faire ressentir avec des pathologies caractéristiques des radiations. Bien que les décédés n’aient pas été recensés car considérés morts de mort naturelle à l’époque faute d’encadrement sanitaire, les maladies sont évidentes même chez les animaux.

Ainsi, comme démontré par de nombreuses études, les populations de Reggane et de In Ekker à Tamanrasset souffrent encore des effets de ces essais qui ont coûté la vie à des milliers de personnes et engendré des maladies graves, les cancers notamment et les leucémies dépassent de manière sensible la moyenne dans la région où l’on constate également des cas de malformations chez les nouveau-nés et une baisse de fertilité des personnes. M. Chennafi est l’une de ces victimes.

Un jour, il fut enlevé avec cinq de ses amis à Staouéli (Alger) pour être déportés à Reggane où ils devaient travailler jour et nuit pour préparer les installations de la bombe nucléaire. Le jour « J », il est placé ainsi que d’autres de ses compatriotes à quelques kilomètres du lieu de l’explosion. La lumière dégagée par l’explosion lui brûla les yeux. Plusieurs militaires et médecins français ont confirmé l’utilisation par l’armée française d’habitants de la région ou de Ghardaïa afin de "tester l’effet des radiations" sur eux.

Ces derniers ont été placés dans les lieux servant de théâtre des opérations sans protection aucune. Les survivants n’ont bénéficié d’aucun traitement contre les radiations nucléaires par la suite. Ainsi, des milliers de travailleurs algériens et un groupe d’appelés français ont été exposés sciemment aux explosions sans protection alors que des personnalités présentes ont bénéficié de combinaisons et de masque anti-gaz. Selon les données, 24 000 civils et militaires ont été utilisés dans ces explosions sans compter la population de la région. Les effets dévastateurs de ces essais consistent dans la radioactivité et la pollution qui a ravagé tout l’écosystème de la région et même des pays voisins.

Il est reconnu que les essais atmosphériques se sont avérés très polluants en irradiant le sol algérien tout en causant un grave préjudice écologique dont témoignent encore les roches noires et les terres brûlées. Car les bombes fabriquées avec du plutonium, connu pour être plus toxique que l’uranium, sont un véritable poison pour l’environnement et les humains. La radioactivité du plutonium utilisé mettra 24 000 ans pour voir ses effets diminuer de moitié, selon les chercheurs.

Quarante-huit ans après les essais, la persistance de la menace radioactive pèse toujours sur une large portion du territoire algérien surtout que la puissance des vents sahariens a dû disperser les éléments radioactifs sur une très grande surface.

De novembre 1961 à février 1966, la France a effectué treize tirs en galerie dont quatre n’ont pas été totalement contenus ou confinés. En 1966, la France abandonna ses expériences au Sahara, selon les accords d’Evian.